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8. La relation entre la croissance des salaires et le chômage : la courbe de Phillips

mardi 25 novembre 2008, par Simonnet Jean-Paul

Il est assez naturel de penser que le niveau ou le taux de chômage et l’évolution des salaires sont liés et cela quelque soit l’explication principale du chômage qui est retenue.
Dans la perspective classique faisant du chômage le résultat d’un mauvais fonctionnement du marché travail élevant le salaire au dessus du salaire qui permet à tous ceux qui veulent travailler de trouver un emploi, comme dans la perspective keynésienne qui explique le chômage par une demande de produits insuffisantes pour décider les employeurs à embaucher tous ceux qui veulent travailler, le lien avec le salaire est assez facile à justifier.
Si l’explication classique est la bonne, une augmentation du salaire sans augmentation équivalente de la productivité doit entraîner une augmentation du chômage provisoirement si le marché du travail fonctionne bien et durablement s’il fonctionne mal.
Si l’explication keynésienne est la bonne, un ralentissement de l’activité économique provoque à la fois du chômage et des conditions défavorables à l’augmentation des salaires.

Encore fallait-il vérifier empiriquement cette intuition.

Dans un article de 1958, Alban William Phillips, mettait en évidence l’existence d’une relation entre le taux de chômage et la croissance des salaires nominaux en Grande-Bretagne, de 1861 à 1957.





Source : "The relation Beetween unemployment and the Rate of Change of Money Wage Rates in the United-Kingdom, 1861-1957" Economica, Vol. XXV, 1958.

Phillips en déduit une relation inverse entre le taux de croissance des salaires nominaux et le taux de chômage et il propose un ajustement statistique simple.

La courbe de Phillips rencontre très vite le succès et fait l’objet de très nombreuses vérifications économétriques.

Elle est aussitôt réinterprétée dès 1960 par Robert Lipsey comme une relation entre inflation et chômage. La même année Paul Samuelson et Robert Solow développent une analyse semblable.
Le taux d’inflation peut en effet facilement être substitué au taux de variation du taux de salaire nominal, parce que la liaison entre les deux grandeurs est forte.

  • D’une part la hausse des salaires nominaux entretient des tensions sur la demande des produits donc sur les prix (inflation par la demande).
  • D’autre part elle se traduit par une pression sur les marges qui ne peut être levée que par la hausse des prix (inflation par les coûts) si les entreprises fixent leurs prix en conservant des marges constantes.
Cette relation suggère l’existence d’un dilemme entre l’inflation et le chômage.
Le point A correspond à une situation d’inflation forte et de chômage faible et inversement, le point B est caractérisé par une inflation faible et un chômage important.
Il faut choisir entre inflation et chômage. La poursuite des deux objectifs habituels de la politique économique, lutter contre l’infaltion et contre le chôamge semble impossible puisque les deux objectifs sont en apparence incompatibles. On peut dire aussi que cela revient à payer la réduction du chômage par une accélération de l’inflation et inversement.
C’est pour cela qu’on parlait dans les années 70 du “dilemme inflation - chômage”.

La relation de Phillips est alors utilisée pour conforter empiriquement l’analyse économique keynésienne puisqu’elle montre d’une part que le taux de chômage peut varier fortement et d’autre part que les variables réelles (le taux de chômage) et monétaires (le taux d’inflation) sont interdépendantes. Elle justifie l’intervention de l’Etat destinée à opérer un "réglage fin" de l’économie.

Qu’en est-il des vérifications empiriques ?

Pour les années 60, la relation décrite est satisfaisante, mais elle devient moins évidente pour la période ultérieure, les exemples de la France et des États-Unis montrent comment cette relation a évolué depuis une trentaine d’années.

En France de 1970 à 2004

Détail pour la période 1985-2004

- La période 1970-1973 est caractérisée par une forte élévation des prix sans dégradation de l’emploi.
- Le premier choc pétrolier a un effet très important sur le taux d’inflation et provoque une augmentation du taux de chômage. De 1975 à 1978 la politique économique conduite par Jacques Chirac, traduit l’arbitrage habituel et la courbe de Philips réapparaît. Mais de 1977 à 1982 elle disparaît complètement pour laisser la place à une liaison linéaire associant une inflation plus forte et un chômage plus important. Et cela en dépit du changement de politique économique affirmé par la mise en place d’une politique de rigueur dès 1980 (Raymond Barre).
- De 1982 à 1987 la courbe de Philips est retrouvée, la désinflation s’accompagnant d’une aggravation forte du chômage.
- Cette tendance se poursuit jusqu’en 1996 date à laquelle une diminution du chômage peut être observée dans un premier temps jusqu’en 2001, sans qu’elle s’accompagne d’une remontée du taux d’inflation. Ensuite le taux de chômage augmente jusqu’en 2004 sans entraîner de réduction du taux d’inflation.
De 1996 à 2004 le taux d’inflation est resté inférieur à 2 % alors que le taux de chômage variait d’un maximum de 12 % à un minimum de 8,6. Il n’y a donc pas de véritable courbe de Phillips sur cette période puisque le taux de chômage varie pour une inflation stabilisée.

Ces conclusions sont confirmées par le graphique suivant qui montre la "vraie courbe de Phillips" c’est-à-dire la relation entre la croissance des salaires nominaux et le taux de chômage (et non pas la relation entre taux d’inflation et taux de chômage qu’il serait préférable d’appeler courbe de Lipsey par exemple).

Les États-Unis de 1970 à 2003

La représentation de la liaison pour l’économie des Etats-Unis permet de mettre en évidence des courbes placées de plus en plus haut et vers la droite de 1971 à 1973 puis 1976 à 1979 et 1981 à 1982. Le passage se fait par des boucles, qui se traduisent comme une augmentation du chômage et de l’inflation. Après 1982 le déplacement s’inverse et les boucles de Philips décrivent un recul du chômage à inflation stabilisée. A partir de 1986 et jusqu’en 1990 une nouvelle courbe traditionnelle de Philips est repérable avec une inversion de son sens de 1990 à 1992. Depuis, la liaison est affaiblie et le chômage reste faible pour une inflation relativement stable (entre 2 et 4 %).

Les interprétations et la critique de la courbe de Phillips

1) Le raisonnement initial

Le graphique initial de Phillips associant le taux de croissance des salaires nominaux et le taux de chômage renvoie à une intuition forte : lorsque l’activité économique devient plus forte, donc quand le chômage diminue, le rythme de croissance des salaires s’élève.
La concurrence des entreprises pour embaucher les salariés nécessaires pour produire plus entraîne une augmentation des salaires et cela d’autant plus facilement que la hausse des profits qui accompagne l’expansion permet à ces entreprises de faire face aux dites augmentations. Cette observation conduit les économistes à considérer qu’il existe un taux de chômage qui constitue un seuil pour l’évolution des salaires. Ce taux de chômage est le NAWRU (non accelerating wage rate of unemployment). Lorsque le taux de chômage est inférieur au NAWRU la croissance des salaires s’accélère, lorsqu’il est supérieur, elle se fait à un rythme moins rapide.

Le passage au graphique associant le taux de variation des prix et le taux de chômage est immédiat dès lors que le lien entre croissance des salaires et croissance des prix est établi. Or il n’est pas difficile d’établir ce lien. Les prix dépendent des coûts de production et des marges de profit souhaitées par les entreprises. Si les entreprise veulent conservées leurs marges (et on ne voit pas pourquoi il en irait autrement) toute augmentation des coûts s’accompagne d’une augmentation des prix. L’augmentation du salaire nominal augmente le coût unitaire de production dès qu’elle est plus forte que la croissance de la productivité du travail à laquelle elle devrait correspondre. Donc pour une croissance de la productivité donnée il y un taux de croissance des salaires qui garantit que les prix n’augmenteront pas plus vite qu’avant. Si la croissance des salaires dépassent ce taux, l’inflation devient plus forte. Il existe donc un taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation le NAIRU (non accelerating inflation rate of unemployment). Si taux de chômage dépasse ce NAIRU, l’inflation s’accélère et inversement : c’est cela l’enseignement essentiel de la courbe de Phillips.

Cette analyse est facilement retrouvée à partir d’une modélisation élémentaire de la formation des prix.
Admettons que les salaires constituent la partie la plus importante du coût de production et que les prix soient fixés en ajoutant une marge au coût de production unitaire. [1]
À l’instant t, le prix Pt est égal au coût unitaire augmenté d’un certain pourcentage de marge, m.
Le coût unitaire est égal à la masse salariale, produit du salaire nominal moyen wt et du nombre de salariés employés Nt, rapportée à la quantité produite Yt.

donc Pt = (1 + m) (wt Nt) / Yt

Comme Nt / Yt est l’inverse de la productivité moyenne du travail (notée Ynt), on peut réécrire la relation précédente

Pt = (1 + m) wt / Ynt

En passant aux taux de variation on voit que la croissance des prix (notée gpt) est égale à la différence entre la croissance du salaire nominal (notée gwt) et celle de la productivité (notée gyt).

gpt = gwt - gyt

Alors, s’il existe une relation entre la variation du salaire gwt et le taux de chômage ut, il existe une relation entre la variation des prix et le taux de chômage.

On écrit parfois, pour simplifier la liaison entre taux de variation des salaires et taux de chômage de manière linéaire (une droite décroissante puisque la croissance des salaires serait d’autant moins rapide que le taux de chômage est plus élevé)

gwt = a - b ut

avec a et b des nombres positifs.

Ainsi :

gpt = (a - gnt) - b ut

Pour chaque taux de chômage il existe un taux d’inflation et celui-ci est d’autant plus faible que le chômage est plus élevé.

2) La courbe de Phillips "augmentée des anticipations"

Comme les recommandations de politique économique impliquées par la courbe de Phillips allaient à l’encontre des analyses "néoclassiques" il n’est pas étonnant que les auteurs dénonçant l’intervention de l’État par des politiques de contrôle de la conjoncture se soient attaqués rapidement au soi-disant dilemme inflation-chômage.
Dès 1968, Milton Friedman [2] revient sur un aspect important : selon lui, il y a un élément important oublié dans la détermination des variations du salaires à partir du taux de chômage. Les économies contemporaines sont caractérisées par des rythmes d’inflation différents d’un pays à l’autre, or ces rythmes d’inflation sont forcément pris en compte par les salariés lorsqu’ils négocient les augmentations du salaire nominal. Même s’ils adoptent un comportement naïf ils vont chercher à lier les variations du salaires à celles des prix. Ils le font par exemple en anticipant un taux d’inflation (noté gapt qui sera intégré dans leur négociation de manière à atteindre une variation du salaire réel souhaitable.

Ainsi la relation

gwt = a - b ut

devient

gwt = a - b uu + gapt

et dans ces conditions la liaison entre taux d’inflation et taux de chômage qui s’écrivait

gpt = (a - gnt) - b ut

s’écrit désormais

gpt = gapt + (a - gnt) - b ut

Cette nouvelle relation permet à Friedman d’établir deux conclusions :
- à court terme la courbe de Phillips augmentée des anticipations est instable, elle se déplace vers le haut traduisant l’inefficacité des politiques économiques de réduction du chômage par stimulation de la demande, car si le taux de chômage diminue provisoirement c’est au prix d’une inflation plus forte et celle-ci s’accompagne rapidement d’un retour au taux de chômage antérieur
- à long terme il n’y a pas d’arbitrage possible entre inflation et chômage.

Reprenons les raisonnements qui permettent d’aboutir à ces conclusions.

À court terme, une politique de relance destinée à réduire le taux de chômage, va s’accompagner d’une inflation plus forte (si l’offre n’augmente pas aussi vite que la demande, les tensions inflationnistes se manifestent forcément). Si cette politique réussit à relancer l’activité, le chômage va diminuer et les revendications salariales seront plus fortes ce qui ajoute une seconde source d’inflation. Une course entre les salaires et les prix se met en place et dans cette course, les salariés et les employeurs ne sont pas dans la même position, il y a une asymétrie d’information.

Le chômage diminue parce que les employeurs prennent en compte l’inflation plus vite que les salariés. L’inflation réduit le coût réel du travail et encourage les employeurs à embaucher tant que les salariés n’exigent pas une augmentation de salaire nominal capable de rétablir leur pouvoir d’achat. On passe de A à B (plus d’inflation et moins de chômage). Un chômage plus faible les met dans une position de force pour la négociation, les employeurs cèdent et acceptent cette augmentation, mais comme celle-ci entraîne une augmentation du coût réel du travail ils réduisent leur demande de travail et le chômage augmente. On passe de B à C (l’inflation se stabilise et le chômage augmente).
Une nouvelle politique de relance déclenchera le même enchaînement mais à partir d’un niveau plus élevé d’inflation. De C à D puis de D à E.

À long terme, la critique de Friedman est encore plus radicale. Avec une courbe de Phillips augmentée des anticipations l’arbitrage disparaît complètement simplement parce sur la longue période il est ridicule d’imaginer que les agents n’apprennent pas à faire des anticipations correctes : des anticipations rationnelles suppriment l’écart entre gpt et gapt.

Ainsi dans l’équation

gpt = gapt + (a - gnt) - b ut

si gpt et gapt ont la même valeur alors,

0 = (a - gnt) - b ut

soit

ut = (a - gnt) / b

et en posant que la productivité du travail croît à un taux constant on peut dire que le taux de chômage est stable puisqu’il ne dépend que de ce taux de croissance et des paramètres a et b.

Friedman appelle ce taux de chômage, le taux naturel de chômage. Les valeurs de a et b traduisent la plus ou moins grande flexibilité du marché du travail et pour des valeurs données de a et b le taux naturel de chômage est d’autant plus faible que la productivité du travail croît moins rapidement.

Le retour de la courbe de Phillips

La macroéconomie contemporaine utilise souvent le modèle "offre-demande agrégées" pour étudier les effets des politiques économiques ou des chocs supportés par les économies.
Comme ce modèle est présenté en détail dans cet article on retiendra ici simplement le schéma d’ensemble.

Deux relations sont établies entre le niveau des prix et celui de la production. Ces deux relations sont appelées improprement Offre et Demande globale parce qu’elles ressemblent à des courbes d’offre et de demande de produit, mais elles décrivent en réalité tout autre chose que ce qui est suggéré par cette désignation.

L’offre globale (offre agrégée) se déduit de la formation des prix à partir des salaires et d’un comportement de marge comme dans l’analyse de la courbe de Phillips augmentée des anticipations. Le niveau de prix à la date t dépend du niveau anticipé des prix, du pourcentage de marge retenu par l’entreprise, des facteurs de rigidité du marché du travail et du taux de chômage. Comme le taux de chômage est lié au niveau de la production (plus il y a de chômage plus on s’éloigne de la production potentiellement réalisable) le niveau des prix dépend donc des anticipations de prix, de quelques paramètres (coefficient de marge et indicateur des rigidités) et du niveau de la production. Comme les prix augmentent d’autant plus que le taux de chômage est faible, que la production augmente quand le chômage diminue, la liaison entre niveau des prix et niveau de la production "offerte" est croissante.
La courbe d’offre agrégée fait du niveau des prix une fonction croissante de la production.
Cependant, si la fonction est croissante c’est uniquement parce qu’il existe un écart entre prix effectifs et prix anticipés (rigidités nominales) et parce que les salaires ne s’ajustent pas instantanément (rigidités réelles). Les économistes considèrent souvent qu’à long terme les rigidités nominales et réelles disparaissent. Dans ce cas la courbe d’offre agrégée est une droite verticale ce qui signifie que la production ne dépend pas du niveau des prix, elle est toujours à son niveau d’équilibre celui qui est atteint en utilisant tout le travail disponible (production de plein emploi).

La demande globale (demande agrégée) se déduit de la relation entre taux d’intérêt, et niveau de la production.
Quand les prix augmentent, pour acheter la même quantité de produits qu’avant, il faut plus de monnaie : la demande de monnaie augmente. Si l’offre de monnaie est exogène (décidée par la Banque centrale) une demande croissante de monnaie pour une offre qui ne change pas se traduit par une augmentation du taux d’intérêt. Si le taux d’intérêt est plus élevé la production est affectée négativement (moins de dépenses d’investissement et de consommation). L’augmentation des prix s’accompagne d’une baisse de la production "demandée".
La courbe de demande agrégée fait du niveau des prix une fonction décroissante de la production.

Les deux courbes réunies sur un même graphique permettent de représenter les effets des variations de leur position (déplacement de la courbe d’offre agrégée ou de la courbe de demande agrégée)

- L’offre agrégée se déplace sous l’effet des chocs de progrès technique ou des chocs pétroliers par exemple.

  • Une élévation du prix du pétrole par exemple dégrade les conditions de productions et impose une accélération de l’inflation pour maintenir les profits à production constante. La courbe d’offre se déplace vers la gauche.
  • Une amélioration de la productivité sous l’effet de l’usage généralisé des nouvelles technologies permet de produire plus pour des coûts équivalents ou de réduire les coûts pour une production identique. La courbe d’offre se déplace vers la droite.

- La demande agrégée se déplace pour toutes les raisons qui peuvent modifier à niveau de prix inchangé, le comportement de demande des agents. Par exemple une politique de relance soutenant la consommation ou l’investissement (public ou privé) permet de dépenser plus pour un même système de prix. La courbe de demande agrégée se déplace vers la droite.

On peut alors montrer que des chocs d’offre ou de demande positifs (un progrès technique sensible pour l’offre et une politique de relance pour la demande) ne produisent pas les mêmes résultats et que l’appréciation varie suivant qu’on se situe à court terme ou à long terme (courbe d’offre verticale).

Dans le graphique ci-dessous, à gauche un choc de demande positif est représenté dans les deux cas de figure d’une courbe d’offre de court terme et de long terme. Dans les deux cas le choc de demande a un effet sur les prix et la production à court terme : la production augmente en même temps que les prix ce qui implique que la hausse des prix s’accompagne d’une baisse du chômage comme le prédisait la courbe de Phillips. Mais cette évolution est transitoire puisqu’à long terme, la production s’établit à son niveau d’équilibre, le choc de demande (la politique de relance) a seulement réussie à entraîner la hausse des prix.

À droite le choc d’offre de court terme a un effet désinflationniste et il améliore la production. Un choc d’offre négatif, comme le choc pétrolier par exemple a l’effet inverse il réduit la production (augmentation du chômage) et entraîne l’augmentation des prix.

Avec cette analyse "offre et demande agrégées" on peut ainsi expliquer pourquoi la courbe de Phillips s’est déplacée vers le haut et la droite à la suite des deux chocs pétroliers.

Notes

[1] Ce choix correspond à ce que les économistes appellent un comportement de "mark-up", dans ce cas les entreprises sont capables de modifier leurs prix en répercutant l’augmentation des salaires, elles sont donc "price-maker", ce qui implique de renoncer à l’idée que l’économie est en concurrence pure et parfaite.

[2] "The Role of Monetary Policy" discours en tant que Président de l’American Economics Association, American Economic Review, Vol. 58, No. 1, mars 1968, pp. 1-17

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